Je fais peu d'extra et je suis ordinaire. Je ne sais toujours pas ce que je fais ici mais y'a-t-il un intérêt à le savoir. Quand j'étais plus jeune, j'aimais rester seul et étant donné l'état de mes tripes aujourd'hui j'en conclus que mes relents d'antan sont toujours là. Ne vous inquiétez pas, je ne prononcerai pas le terme "insouciance" (quoi que si) car même étant petit, j'en avais, des soucis. Celui qui te dit que quand t'es gosse, t'as des oeillères fleuries sur ta cornée, c'est qu'un con. J'étais la bougie dans le courant d'air, motivé à temps partiel, tombant avec le coucher de soleil. J'étais déçu de la vie mais je l'ai sans doute déjà dit, alors au final, seules les allégories changent. La vie est aussi basique que mes pulls Zara et aussi éthérée qu'un saut en parachute. Je commence à me découvrir, sûrement l'âge, la maturité qui est sans doute apparu après les heures passées aux chiottes à lire les Que Choisir de ma mère. Déjà que la vie nous escroque, si l'on peut éviter de se faire arnaquer sur quelques achats ça draine la rage. C'est pour cela que ma mère achetait Que Choisir. Mes découvertes sur le "moi" ne signifie pas que j'ai les réponses à mes questions de merde. Toutes les intuitions qui germent en moi s'avèrent intéressantes, elles m'occupent, m'intriguent, me consolent et me désolent. A force, on finit par connaître ses manies, ses réactions, ses envies, ses goûts, ses peines et ses hontes. La maquette devient bâtiment, il ne reste plus qu'à la remplir d'adjonctions, d'amour, de chérubins versatiles, d'émotions et de meubles Ikéa. Je ne suis ni plus ni moins qu'une activité foulienne, en compagnie d'idées périmées face à la concurrence. Je feuillette ma vie, quelques pages préfèrent rester coller entres elles pour des raisons de vanité. Quel privilège de vivre.